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Charlotte Pécheur - Ostéopathe Animalier Biomécaniste

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Vous trouverez sur cette page, mes "articles" correspondant à mes rélfexions sur des sujets qui me paraissent importants. Ils seront probablement amenés à évoluer au cours du temps, à l'image des découvertes scientifiques (et des miennes !).  

L'ostéopathie chez le jeune, quand y penser ?

30/11/2023

L'ostéopathie chez le jeune, quand y penser ?

Le plus tôt possible bien sûr !

Un suivi précoce et régulier vous permettra d’améliorer le confort et les performances de votre cheval au travail sur le long terme et favorisera un vieillissement sans heurt. N’oubliez pas que la moindre atteinte, si petite soit-elle sur le moment, aura des conséquences au long terme par le simple fait du phénomène physiologique de vieillissement : arthrose précoce, déformabilité des articulations, altération de la mobilité, etc. En plus d’être inconfortable voire douloureux, tout cela nuit au fonctionnement de votre cheval au fil des années et est donc propice à de nouvelles atteintes et pathologies.

 

Avant d'entrer plus précisément dans le sujet, faisons un point sur la croissance du cheval.

 

 

Une croissance lente

 

Il est primordial de rappeler que, comme nous, la croissance du cheval se termine à des âges différents (et tardifs !) selon les structures osseuses. Un travail précoce inadapté en fréquence et intensité aura donc inévitablement des conséquences délétères.

Voici une illustration permettant de visualiser facilement l'avancée du développement du squelette du cheval selon son âge. 

 

 

Progression du développement du squelette du cheval

 

Comme indiqué sur l'illustration, cela correspond à des approximations statistiques et certains individus nécessiteront bien plus de temps afin de terminer leur croissance. 

NB : On notera que les structures les plus tardives correspondent au dos, qui soutient la selle et le poids du cavalier..

 

Voici un texte (traduit de l'anglais) écrit par Vikki Fowler BVetMed BAEDT MRCVS replaçant l'âge du cheval au travail dans un contexte humain, et particulièrement d'enfants. Très parlant, il permet une prise de conscience sur l'utilisation que nous pouvons en faire : 

 

Un cheval vieillit environ 3 fois plus vite qu'un humain.
Donc un humain de 90 ans est un cheval de 30 ans. Tous deux très vieux, généralement arthritiques, n'ont plus beaucoup de leurs dents originales, et très probablement à la retraite et profitant des choses les plus fines de la vie.
Un cheval de 25 ans est un humain de 75 ans. Certains travaillent encore heureux mais d'autres préfèrent la retraite et une vie plus facile. Souvent, ça dépend de la dure vie qu'ils ont vécue.
Un cheval de 20 ans est un humain de 60 ans. À ce stade où le corps ne fonctionne plus comme avant, mais le cerveau est tout là et veut être actif.
Un cheval de 13 ans est un humain de 39 ans. Age moyen, premier de leur vie où leurs connaissances et leurs capacités physiques sont à peu près égales.
Alors allons-y aux bébés et travaillons notre chemin vers le haut.
Un cheval de 1-1.5 ans reçoit sa première dent d'adulte, cela arrive à 6 ans chez un enfant humain.
Un cheval de 3 ans est un enfant de 9 ans. Un enfant. Pas prêt pour le travail de longue durée. Nous avons dépassé l'envoi d'enfants dans les mines.
Un cheval de 4 ans est un enfant de 12 ans. Souvent, je fais des petits boulots pour de l'argent de poche, peut-être un tour de papier, tondre des pelouses En gros, un cheval de 4 ans peut commencer un peu d'expérience de travail légère pour apprendre les ficelles.
Un cheval de 5 ans est un adolescent de 15 ans. Je pense qu'ils savent tout, arrogants et prêts à augmenter leur travail et leurs responsabilités. Toujours assez faible et pas complètement développé, donc ils ne devraient pas être à leur limite physique mais peuvent commencer à construire des forces.
Un cheval de 5,5 ans vient de couper sa dernière dent adulte, cela arrive à 17 ans chez un humain.
Un cheval de 6 ans est un humain de 18 ans. Un adulte. Prêt à travailler.
Un cheval de 8 ans a réalisé la fusion complète de ses plaques de croissance finales. Cela arrive à 24 ans chez un humain. C'est l'âge où il est sûr de pousser un cheval pour sa performance optimale.
Pousser votre jeune trop fort trop jeune entraînera la défaillance de nombreuses parties du corps. Articulations, colonne vertébrale, tendons, ligaments ainsi que leur cerveau. Attendre encore un an ou deux au début pourrait donner à votre cheval 10 ans supplémentaires de vie professionnelle utile. Soyez patient avec votre fierté et votre joie !  

 

 

➤➤ Avec cela en tête, on comprend aisément qu'il sera bien plus judicieux d'attendre un âge relativement avancé avant d'entamer un travail sérieux si l'on souhaite préserver son cheval et l'amener à vieillir le plus sainement possible. Malheureusement, la réalité fait que dans un cadre professionnel, il est bien souvent plus délicat de se laisser le "loisir" d'attendre (pression financière oblige...). Néanmoins, il est nécessaire d'être averti et conscient de la situation, il sera d'autant plus important de faire suivre vos jeunes afin de limiter les impacts du travail précoce.

 

Afin que cela soit plus clair en terme de "périodicité", prenons ici comme référence le débourrage. Mais il est évident que n'importe quel poulain bénéficiera d'un suivi ostéopathique précoce et régulier, qu'il soit voué à être monté ou non, au même titre que nous, humains, qui faisons voir nos enfants dès la naissance et pendant leur croissance ! (listes non exhaustives)

 

 

Avant le débourrage

 

Aide à la croissance et favorise un développement musculaire plus harmonieux donc des performances futures améliorées (souplesses, puissance, résistance) et des apprentissages facilités grâce au confort du cheval 
Suite à un traumatisme : la plasticité des tissus juvéniles facilite grandement la guérison et diminue la probabilité d’altération durable des structures, d’apparition de compensations donc de mal fonctionnement, de douleur, d’arthrose précoce, etc.
Déceler des régions anatomiques potentiellement problématiques à l’avenir (structures plus ou moins faibles, aplombs/morphologie non conventionnels).

 

 

Pendant et/ou après le débourrage

 

S’il y a des volontés de travail précoce (cycles jeunes chevaux, etc.), le suivi ostéopathique sera primordial pour aider au mieux le corps à s’adapter à ces contraintes et ainsi optimiser les performances, adapter le travail en décelant les périodes où le cheval aura besoin de ralentir le rythme et celles où il est en mesure de supporter un travail un peu plus intense.
Si problème de « rétivité », la consultation pourra permettre de libérer certaines zones inconfortables ou de vous ré-orienter vers un autre professionnel : vétérinaire, comportementaliste, maréchal/podologue/pareur, saddlefitter, bitfitter, shiatsuki, etc.
Conseils sur le travail (intensité, fréquence, type) quitte à vous ré-orienter vers un moniteur pour vous aiguiller plus spécifiquement lors des exercices et sur l’adaptation du matériel en référant au professionnel adéquat si besoin : saddlefitter, bitfitter par exemple.
Limite l’effet des compensations et la mise en place de positions antalgiques (liées à un inconfort lors de poussée de croissance par exemple) délétères à long terme.

 

Chaque individu étant unique, la fréquence du suivi diffèrera. Il n’y a pas de recette toute faite et tout dépendra de votre cheval, de ses besoins, de ses expériences passées, de vos attentes et de tout ce qui pourra se passer au quotidien ! 

 

De manière générale, au plus tôt il est vu en consultation, au mieux nous pouvons adapter les séances, voire même éviter qu’elles ne soient nécessaires (je vous laisse méditer là-dessus…). 

 

 

Remarque :

Bien sûr, un suivi ostéopathique ne peut remplacer un suivi vétérinaire, qui est indispensable, l'idéal étant de travailler ensemble avec tous les professionnels de santé.